Un étudiant qui entre en quatrième année à Paris paie en moyenne 950 € pour un studio, contre 400 € à Saint-Étienne ou à Limoges. Sur dix ans d’études, le logement est le premier poste de dépense, et il change de nature au moins deux fois : à l’entrée en PASS, puis à l’internat, quand l’affectation envoie une large part des promotions dans une autre ville. Ce que le CROUS, l’hôpital et les aides publiques couvrent, ce qu’ils laissent à votre charge, et à quelles dates s’en occuper.
L’essentiel
- Le dossier social étudiant (DSE) 2026-2027 s’est ouvert le 2 mars 2026 ; les demandes déposées avant le 31 mai sont traitées en priorité, et le logement CROUS s’attribue en trois tours entre le 5 mai et le 5 juillet, puis en phase complémentaire à partir du 7 juillet.
- Une chambre CROUS rénovée coûte autour de 260 € par mois, un studio CROUS autour de 370 €, alors qu’un studio privé revient à 583 € en moyenne nationale et à 962 € dans Paris (observatoire LocService, mai 2026).
- La garantie Visale, gratuite, couvre depuis le 6 janvier 2026 les trois premières années d’occupation, avec un plafond de loyer porté à 1 000 € par mois pour les étudiants en Île-de-France.
- L’interne qui n’est ni logé ni nourri par son hôpital touche une indemnité compensatrice de 28,03 € bruts par mois pour le logement ; en stage ambulatoire en zone sous-dense, l’indemnité d’hébergement monte à 300 € pour un interne et 150 € pour un externe.
- À Paris, l’AP-HP réserve des chambres à la Cité internationale universitaire (environ 820 € par mois) et teste des colocations à 17 places pour les internes de phase socle, avec une campagne de candidatures du 24 août au 14 septembre 2026.
Le CROUS se joue entre mars et juillet
Le logement en résidence universitaire se demande au printemps précédent, par le dossier social étudiant, le même formulaire que pour la bourse. Pour 2026-2027, la campagne s’est ouverte le 2 mars 2026 sur messervices.etudiant.gouv.fr, avec traitement prioritaire des dossiers déposés avant le 31 mai. Les vœux de logement se saisissent ensuite en trois tours : du 5 au 31 mai (résultats le 2 juin), du 9 au 15 juin, du 23 au 29 juin. La phase complémentaire, où les logements libérés sont remis en ligne, démarre le 7 juillet. Un candidat peut formuler quatre vœux, y compris dans plusieurs académies, ce qui compte quand on attend encore ses réponses Parcoursup.
L’attribution repose sur un indice social calculé à partir des revenus du foyer fiscal (avis 2025 sur les revenus 2024), du nombre d’enfants à charge et de la distance entre le domicile familial et le lieu d’études. Les boursiers passent en premier. Un non-boursier n’obtient en pratique quelque chose qu’en phase complémentaire, souvent une chambre excentrée. Une fois le logement proposé, vous disposez de cinq jours pour confirmer et régler 70 € de frais de réservation, déduits du premier loyer.
À Bordeaux, pour 2026-2027, une chambre rénovée revient en moyenne à 260 € par mois charges comprises, un studio rénové à 369 €, avant déduction de l’aide au logement. À Paris, le parc est plus cher et surtout plus rare : les étudiants de PASS non boursiers en sont presque toujours écartés.
Combien coûte un studio dans les villes de faculté
Le prix d’un logement étudiant dépend d’abord de la ville, très loin devant la surface ou l’état du bien. LocService, qui a analysé près de 110 000 offres et demandes entre mai 2025 et mai 2026, situe le loyer moyen d’une chambre à 485 € (14 m²), d’un studio à 583 € (24 m²) et d’un deux-pièces à 784 €, charges comprises. Le budget moyen consacré au logement atteint 719 € par mois (+3,7 % sur un an) : 636 € en province, 899 € en Île-de-France, 962 € dans Paris intra-muros.
L’observatoire Guy Hoquet, publié le 5 juillet 2026, donne des repères ville par ville pour les studios ; le tableau les croise avec d’autres relevés du premier semestre 2026. Ce sont des moyennes d’annonces, pas le loyer que vous signerez.
| Ville de faculté | Studio privé, loyer mensuel moyen (2026) | Chambre CROUS (ordre de grandeur) | Source |
|---|---|---|---|
| Paris | 975 € vide, 1 058 € meublé (39,8 €/m²) | de 400 € à 500 € selon la résidence | Guy Hoquet, juillet 2026 |
| Lyon, Bordeaux | 600 € à 750 € | 260 € à 370 € (chambre à studio, Bordeaux) | Colonies, février 2026 ; CROUS Bordeaux-Aquitaine |
| Lille, Nantes, Toulouse | 450 € à 600 € | 210 € à 460 € (Toulouse) | Colonies, février 2026 ; ImmoJeune |
| Poitiers, Pau, Le Mans | 420 € à 470 € | moins de 300 € | Guy Hoquet, juillet 2026 |
| Saint-Étienne, Limoges | 391 € à 423 € | moins de 300 € | Guy Hoquet, juillet 2026 |
| Moyenne nationale | 583 € (studio de 24 m², charges comprises) | chambre privée : 485 € | LocService, mai 2026 |
Entre Paris et une ville moyenne, l’écart sur un studio dépasse 500 € par mois, soit 6 000 € par an, l’équivalent d’un an et demi de rémunération d’externe. L’indicateur du coût des études de médecine établi par l’ANEMF le confirme : la rentrée 2026 d’un externe de première année coûte près de 6 000 €, avec un surcoût d’environ 800 € en Île-de-France, presque entièrement dû au loyer.
La colocation, arithmétique et contraintes
À Paris, une chambre en colocation se négocie autour de 800 € selon le Syndicat des internes des hôpitaux de Paris, contre 950 € pour un studio. L’APL se demande individuellement, chaque colocataire déposant sa propre demande à la CAF même si le bail est commun.
Le point délicat, pour un étudiant en médecine, n’est pas le prix mais le rythme. Un externe qui rentre d’une garde à 9 heures et dort jusqu’à 15 heures cohabite mal avec un colocataire en horaires de bureau. Beaucoup choisissent donc une colocation entre étudiants en santé. Les associations de faculté publient chaque été ces annonces, ainsi que les reprises de bail d’un DFASM3 qui part à l’internat.
APL et Visale, les deux aides qui changent le calcul
L’aide personnalisée au logement
L’APL, ou l’ALS pour les résidences non conventionnées, est calculée par la CAF sur un forfait de ressources pour les étudiants, ce qui rend le montant assez prévisible : un étudiant seul en zone 2 avec un loyer de 400 € et 50 € de charges perçoit de l’ordre de 120 € par mois, et les plafonds tournent autour de 296 € à Paris (zone 1), 258 € dans les grandes agglomérations (zone 2) et 242 € ailleurs. Ces chiffres sont des simulations de sites spécialisés, pas un barème officiel ; la seule valeur fiable est celle du simulateur de la CAF. La demande se fait en ligne dès la signature du bail. Un boursier CROUS reste éligible ; un interne, dont les émoluments dépassent 19 000 € bruts par an, ne l’est en général plus.
Visale, la caution que les propriétaires acceptent
La garantie Visale, gérée par Action Logement, se substitue gratuitement à la caution parentale pour tout étudiant de moins de 31 ans. Le dispositif a été remanié le 6 janvier 2026 : la garantie porte désormais sur les trois premières années d’occupation quelle que soit la durée initiale du bail, et le plafond de loyer pour un étudiant en Île-de-France est monté à 1 000 € par mois charges comprises. Le visa se demande sur visale.fr, avant la visite. Pour un interne primo-arrivant sans garant dans sa nouvelle ville, c’est souvent la seule manière de signer vite.
Le plafond Visale s’apprécie loyer et charges compris, et le bail doit être signé après l’obtention du visa. Un étudiant qui signe d’abord puis demande la garantie, ou qui dépasse le plafond de quelques dizaines d’euros sur une colocation parisienne, se retrouve sans caution et, dans la plupart des agences, sans logement.
Ce que l’hôpital fournit
À l’externat
Rien, ou presque, tant que le stage se déroule au CHU. L’hôpital verse aux externes une indemnité forfaitaire de transport de 130 € bruts par mois quand le stage se trouve à plus de 15 km de l’UFR, et une indemnité d’hébergement de 150 € bruts par mois pour un stage ambulatoire en zone sous-dense. Les CHU qui envoient leurs externes en périphérie pour un trimestre (Amiens vers Abbeville, Lille vers Boulogne-sur-Mer) mettent en général une chambre d’internat à disposition, gratuite ou contre quelques dizaines d’euros par mois, selon la convention entre l’UFR et l’hôpital d’accueil. Le quotidien de ces premières semaines est décrit dans notre article sur le premier stage à l’hôpital.
À l’internat
Le statut de l’interne, fixé aux articles R. 6153-1 et suivants du code de la santé publique, prévoit qu’il est logé et nourri par l’établissement ou, à défaut, qu’il perçoit une indemnité compensatrice : 28,03 € bruts par mois pour le logement et 56,19 € pour la nourriture. Un CHU sans chambres d’internat, cas de la plupart des grandes villes, solde donc son obligation pour moins de 30 € par mois. Les hôpitaux périphériques, eux, ont conservé leurs internats : à Roubaix, à Dreux ou à Saint-Brieuc, une chambre meublée, souvent avec restauration au self, est proposée à l’interne pendant son semestre. Les syndicats d’internes locaux (SILR à Lyon, SAIHL à Lille, SIHP à Paris) tiennent à jour des fiches par hôpital, à consulter avant le choix de stage.
En stage ambulatoire à plus de 15 km du CHU et du domicile, l’interne touche 130 € de transport ; en zone d’intervention prioritaire ou d’action complémentaire, l’indemnité d’hébergement de 300 € bruts par mois s’y substitue. Ces montants figurent dans notre grille des rémunérations 2026.
Changer de ville à l’internat
L’appariement affecte chaque année plusieurs milliers d’étudiants hors de leur faculté d’origine, et les résultats définitifs tombent tard : le 9 septembre pour la procédure principale 2026, le 25 août pour les signataires d’un CESP. Il reste donc trois à six semaines pour trouver un logement dans une ville qu’on ne connaît parfois pas, avec un premier salaire versé fin novembre. Le SIHP recense pour l’AP-HP quatre solutions : des chambres à la Cité internationale universitaire de Paris à environ 820 € par mois, réservées aux néo-internes pour un semestre renouvelable une fois ; les résidences PARME, avec garant et revenus égaux à trois fois le loyer ; la cohabitation intergénérationnelle du groupe Pasteur Mutualité ; et un programme pilote de colocations dans cinq appartements de l’AP-HP avenue de Versailles, 17 places pour les internes de phase socle, baux de six mois renouvelables une fois, dont la campagne court du 24 août au 14 septembre 2026.
Ailleurs, le marché est plus détendu : un interne affecté à Poitiers, à Limoges ou à Brest trouve un studio meublé sous 500 € en quelques jours, et les hôpitaux du territoire gardent presque tous des chambres d’internat pour les stages hors CHU. Le logement pèse dans le choix de la ville d’internat davantage que les candidats ne l’admettent : entre 950 € et 450 € de loyer mensuel, l’écart sur quatre ans dépasse 20 000 € nets.
Financer le loyer quand les aides ne suffisent pas
Pour un non-boursier à Paris, l’équation ne boucle pas avec la seule rémunération d’externe (273 € bruts par mois en DFASM1). Trois compléments existent. Le premier est le contrat d’engagement de service public, qui verse 1 200 € bruts par mois en échange d’un exercice futur en zone sous-dense ; ses conditions et ses pièges sont exposés dans notre article consacré au CESP. Le deuxième est le prêt étudiant garanti par l’État, jusqu’à 20 000 € sans caution parentale, remboursable après les études. Le troisième est le travail rémunéré, gardes d’externe comprises, dont la compatibilité avec chaque année du cursus est examinée dans notre article sur les jobs pendant les études de médecine. Plusieurs départements ruraux ajoutent une allocation logement aux externes et internes en stage sur leur territoire, à demander avant le début du stage.
Questions fréquentes
Un étudiant en PASS non boursier peut-il obtenir un logement CROUS ?
Il peut candidater, mais les boursiers sont servis en premier. Un non-boursier obtient rarement un logement avant la phase complémentaire du 7 juillet, et plutôt dans les villes moyennes qu’à Paris, Lyon ou Bordeaux.
L’hôpital doit-il loger un interne ?
Le statut prévoit que l’interne est logé et nourri par l’établissement ou indemnisé à défaut. L’indemnité compensatrice est de 28,03 € bruts par mois pour le logement. Les CHU n’ont plus, en général, de chambres d’internat ; les hôpitaux périphériques en conservent le plus souvent.
Quel loyer maximum couvre la garantie Visale pour un étudiant ?
Depuis le 6 janvier 2026, 1 000 € par mois charges comprises pour un étudiant en Île-de-France, avec des plafonds différents selon la zone. La garantie est gratuite et couvre les trois premières années d’occupation.
Peut-on toucher l’APL en colocation ?
Oui. Chaque colocataire dépose sa propre demande auprès de la CAF, même lorsque le bail est commun, et l’aide est calculée sur sa part de loyer et ses propres ressources.
Que se passe-t-il pour le logement pendant un stage en périphérie ?
La plupart des hôpitaux périphériques proposent une chambre d’internat aux internes, et souvent aux externes, gratuitement ou contre une participation modeste. En stage ambulatoire en zone sous-dense, l’interne perçoit 300 € bruts par mois d’indemnité d’hébergement, l’externe 150 €.
Sources
- Réseau des CROUS — Dossier social étudiant 2026-2027 : calendrier de la bourse et du logement (consulté en septembre 2026)
- L’Étudiant — Logement CROUS : la procédure d’attribution en trois tours (consulté en septembre 2026)
- CROUS Bordeaux-Aquitaine — Le tarif des logements CROUS 2026-2027 (consulté en septembre 2026)
- LocService — Les chiffres-clés du logement étudiant en France en 2026 (consulté en septembre 2026)
- MySweetImmo — Observatoire Guy Hoquet : loyers des studios étudiants par ville, juillet 2026 (consulté en septembre 2026)
- ADIL de Paris — La garantie Visale évolue en 2026 (consulté en septembre 2026)
- Syndicat des internes des hôpitaux de Paris — Se loger à l’AP-HP : Cité internationale, résidences PARME, colocations (consulté en septembre 2026)
- Légifrance — Code de la santé publique, statut des internes (articles R. 6153-2 à R. 6153-40) (consulté en septembre 2026)



